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Les scientifiques et les médecins travaillent depuis de nombreuses années au développement et à l’essai de diverses stratégies de traitement pour la dystrophie musculaire de Duchenne et de Becker.

Alors que certaines stratégies visent à corriger la cause première, d’autres méthodes visent à réduire les symptômes. 

Approches de recherche pour aborder duchenne

Image depicting the different areas of Duchenne research

Stratégies s’attaquant aux causes premières

Cette catégorie de traitements vise à corriger le problème qui est à l’origine de la dystrophie de Duchenne : la mutation du gène de la dystrophine.

Les médicaments à saut d'exon et mutations non-sens (également connus sous le nom de lecture de codon stop) ont été conçus pour aider les personnes atteintes de mutations spécifiques à produire une version fonctionnelle de la protéine dystrophine et font l'objet d'études chez l'homme depuis de nombreuses années. Dans le cas du saut d'exon, certains traitements ont déjà été approuvés et d'autres sont en préparation.

Un autre domaine de recherche prometteur est l’édition génomique (CRISPR/Cas9) qui pourrait potentiellement corriger des mutations spécifiques, bien que les essais de cette stratégie soient encore au stade préclinique. 

La thérapie génique est une autre avenue prometteuse qui est au stade d’essai clinique. L’idée consiste à livrer une copie du gène de la dystrophine aux cellules musculaires à l’aide d’un virus. On retire tous les composants du virus qui affectent négativement la cellule pour les remplacer par les instructions permettant de fabriquer la protéine. Puisque la protéine dystrophine est très volumineuse, elle ne peut s’insérer complètement dans un virus, car la plupart contiennent beaucoup moins d’ADN que le gène lui-même. Les gènes livrés sont donc modifiés pour ne contenir que les segments d’ADN les plus importants. L’objectif est de créer une version de la protéine la plus fonctionnelle possible, bien qu’elle soit beaucoup plus petite que le gène réel. En ce moment, différentes sociétés biotechnologiques procèdent à des essais de thérapies géniques, chacune avec une forme légèrement différente du gène raccourci de la dystrophine.

Stratégies pour traiter les symptômes de la dystrophie de Duchenne

Le manque de dystrophine chez les patients atteints de dystrophie de Duchenne entraîne la dégradation constante de leurs muscles. De nombreuses thérapies potentielles pour protéger les muscles ou stimuler la croissance musculaire sont actuellement à l’étude. Il s’agit d’une catégorie très large d’approches ayant toutes des mécanismes très différents, mais qui visent un objectif similaire. Celles-ci ne ciblent pas la cause première, mais peuvent tout de même avoir un effet très bénéfique pour réduire les symptômes de la maladie.

L’inflammation est l’un des résultats de la dégradation constante des muscles. Bien que l’inflammation fasse partie intégrante du système immunitaire, cette réaction doit demeurer de courte durée. L’inflammation prolongée a des conséquences néfastes sur le muscle. Ainsi, la réduction de l’inflammation peut avoir un effet protecteur sur le tissu musculaire.

Les corticostéroïdes sont l’un des médicaments anti-inflammatoires les plus connus. Actuellement, la plupart des patients atteints de dystrophie de Duchenne reçoivent des corticostéroïdes. Le deflazacort et la prednisone sont les stéroïdes utilisés le plus fréquemment. À l’heure actuelle, d’autres options de traitement aux corticostéroïdes sont à l’étude, comme le vamorolone. Ces thérapies potentielles visent à atteindre la même capacité de réduction de l’inflammation avec moins d’effets secondaires.  

L’élimination du tissu cicatriciel et de la fibrose est une stratégie importante pour la dystrophie de Duchenne. À mesure que les muscles se détériorent, les cellules endommagées sont remplacées par du tissu cicatriciel et du tissu adipeux lors d’un processus appelé « fibrose ». La fibrose interfère avec la structure et la force des muscles chez les patients atteints de dystrophie de Duchenne. La thérapie antifibrotique pourrait s’avérer une stratégie très utile, car elle peut réduire la formation de tissu cicatriciel et améliorer la structure et la fonction musculaire.

Des lésions musculaires constantes usent également la couche protectrice externe du muscle. La couche externe est importante pour contrôler ce qui pénètre dans le muscle et ce qui en sort. L’un des rôles les plus importants de cette couche musculaire est de maintenir les proportions minérales adéquates de chaque côté de celle-ci. Ces minéraux, notamment le sodium, le potassium et le calcium, sont nécessaires pour alimenter les contractions des couches musculaires. Cependant, lorsque la couche externe du muscle est endommagée, ces minéraux s’infiltrent dans les cellules et s’accumulent en proportions inégales, affectant ainsi la capacité du muscle à générer de l’énergie et à se contracter. Une stratégie de traitement pouvant rétablir l’équilibre des minéraux qui s’infiltrent dans les cellules serait très bénéfique et pourrait améliorer la contraction musculaire. 

Les mitochondries, souvent décrites comme les « centrales énergétiques » des cellules, sont également très importantes pour la production de l’énergie nécessaire aux activités cellulaires telles que la réparation des cellules musculaires. Les mitochondries chez les individus atteints de dystrophie de Duchenne ne sont pas très efficaces pour alimenter les cellules. Ainsi, des thérapies ciblant les mitochondries dans les cellules musculaires et capables de les faire fonctionner plus efficacement pourraient améliorer des fonctions telles que la réparation musculaire.

Le cœur est un muscle affecté lui aussi par la dystrophie de Duchenne. Le maintien de la fonction cardiaque est très important, car il permet aux personnes atteintes de dystrophie de Duchenne de vivre plus longtemps. Certaines des approches thérapeutiques mentionnées ci-dessus peuvent avoir un effet positif sur la fonction cardiaque, mais il reste encore beaucoup de travail à faire pour atteindre cet objectif. Certains laboratoires pharmaceutiques étudient des médicaments spécifiquement axés sur l’amélioration de la fonction cardiaque.